Chevrotine, Eric Fottorino

chevrotine

 

Fottorino, j’aime bien. Acheter Fottorino dans la librairie de la ville où il habite, ça me plaît. Un roman qui se passe près de La Rochelle, ça m’intéresse. Bref, Chevrotine avait déjà tout bon, avant même que j’en tourne les premières pages.

Dès le départ Alcide annonce la couleur. Une ambulance doit venir le chercher. Avant cela il veut révéler à sa fille Automne comment sa mère est morte : il l’a tuée alors qu’elle était encore bébé. Il lui écrit : « Toutes les femmes attendent le grand amour. Ta mère cherchait son assassin. »

Le vieil homme replonge alors dans ses souvenirs. Celui d’un père veuf une première fois. Très aimant envers ses deux fils à qui il consacre tout son temps. Ensemble ils forment un trio heureux et équilibré. Jusqu’au jour où Alcide rencontre Laura. Une femme pétillante, pétulante, douée pour la vie et elle-même maman d’un petit garçon. Rapidement ils emménagent tous ensemble, forment une grande famille et Laura tombe enceinte. Jusque là l’histoire a tout d’un navet édulcoré. Sauf que c’est bien écrit, et plein de poésie et l’on sent que cette explosion de chaleur ne peut être que précaire.

Ce ne sont d’abord que quelques remarques à ses fils, quelques éclats de voix de la part de Laura, qui font vaciller Alcide. Mais dès qu’elle est en public, elle redevient joyeuse, taquine et langoureuse. Le poison se distille très lentement, ce sont ces «éclairs violets» qu’il remarque de plus en plus souvent dans son regard. Laura joue le chaud et le froid, toujours aussi manipulatrice, de plus en plus perverse. Alcide se réfugie dans son travail d’ostréiculteur, se replie sur lui-même et la laisse régner en démiurge tout puissant sur la maisonnée. La suite je vous laisse la découvrir.

C’est un roman original, que j’ai lu en quelques heures et qui me revient souvent à l’esprit. Le personnage d’Alcide, très touchant, et celui en parallèle de Laura, intéressant pour sa noirceur et son ambivalence, donnent de la profondeur à l’intrigue. J’aime assez également l’idée que les qualités féminines et maternelles ne soient pas là où on les attend. Fottorino nous présente ce qui pourrait être un banal fait divers mais depuis le vase clos du couple et de la famille. Un roman que je vous recommande donc.

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Une réflexion sur “Chevrotine, Eric Fottorino

  1. Tu me donnes envie de le lire ! C’est bon signe quand le roman nous revient en tête, la preuve que ce n’est pas un navet édulcoré (j’aime cette expression).

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