Archives de Tag: littérature

Les enchanteurs, Romain Gary

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Il fait gris, froid, nuit et triste. Les enchanteurs c’est tout le contraire. Une escapade incroyable dans les souvenirs de Fosco Zaga. Aujourd’hui vieillard, il revient sur son enfance, ses amours et ses aventures russes puis italiennes. Sensible depuis toujours aux mystères de la nature et petit dernier d’une célébrissime famille de magiciens, il grandit et évolue au milieu des saltimbanqueries, des tours de passe-passe, de voyages et de lunettes astronomiques. Et toujours sous l’oeil de Teresina, la jeune femme de son père. La famille doit d’abord soigner la Grande Catherine avant de partir pour l’Est auprès d’un terrible tyran puis pour Venise. Teresina est toujours là. Et l’obsession se fait amour. Un amour qui leur survivra puisque leurs heures sont comptées mais la magie de Fosco est peut-être celle du conteur, et des écrits qui échappent malicieusement aux mains du temps.

Ce roman est pour moi un vrai coffre aux trésors. En plus de l’écriture incroyable de Romain Gary, dont les seuls mots font voyager, les étoffes colorées, les odeurs de nourriture, les différents lieux traversés surgissent devant les yeux comme par magie, encore une fois. Le tout sur un ton malicieux, bienveillant et plein d’amour. Après La vie devant soi et Clair de femme, c’était donc le troisième roman de Romain Gary que je découvrais et je reste stupéfaite devant le talent de cet auteur, capable d’autant d’imagination à la fois réaliste et dépaysante au possible, avec toujours entre les lignes une nouvelle proposition de définition de l’amour.

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Mr Gwyn, Alessandro Baricco

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Alessandro Baricco. Rien que le nom, j’adore. J’ai l’habitude de me cantonner à des auteurs français parce que l’idée de traduction (et donc de dénaturisation de certaines sonorités, échos et subtilités) me dérange beaucoup. Il est pourtant dommage de passer à côté de certains génies, de ne pas découvrir certaines cultures et de négliger des chefs d’oeuvres pour cette simple question de « testament trahi ». Avec l’italien je me dis que la proximité des langues peut éviter ces écueils liés à la traduction. J’ai découvert Alessandro Barrico au lycée à travers « Noveccento pianiste », une œuvre très courte mais qui m’avait profondément marquée à l’époque (aujourd’hui il m’en reste simplement le souvenir d’une histoire de bateau, de citron et de TNT). Par la suite j’ai également lu « Soie » et « Sans sang », qui m’avait moins plu.

Bref, j’avais vraiment hâte de revenir à mes amours anciennes lorsque j’ai ouvert « Mr Gwyn ». Mr Gwyn est un écrivain un peu particulier. Après avoir publié trois oeuvres à succès, il rédige un article dans le Guardians dans lequel il évoque 52 choses qu’il ne fera plus. La dernière étant : écrire un roman. C’était sans compter sur ce besoin physique de manier la plume. Il décide de devenir copiste et de reproduire non pas des ouvrages mais des personnes. Une sorte de portraitiste qui aurait troqué ses pinceaux pour des mots. Pour cela il met en place un dispositif très particulier, le sujet pose nu durant près d’un mois dans un atelier à la lumière très étudiée, sur une bande musicale elle aussi très chiadée. Jasper Gwyn va ainsi découvrir une nouvelle façon d’appréhender l’écriture , de découvrir fondamentalement ses sujets et de les toucher personnellement.

Il en ressort donc une réflexion assez intéressante sur l’acte littéraire et les différentes formes qu’il peut emprunter. Le personnage principal, assez lunaire, est plutôt attachant et l’univers poétique, presque enfantin m’a séduite un moment. Cependant je dois avouer que je n’ai pas apprécié plus que cela ce roman, qui pour moi emprunte un peu trop la forme d’une « petite histoire » et manque parfois de finesse (notamment en ce qui concerne des « rebondissement » plutôt prévisibles).

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