Archives de Tag: Romain Gary

Les enchanteurs, Romain Gary

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Il fait gris, froid, nuit et triste. Les enchanteurs c’est tout le contraire. Une escapade incroyable dans les souvenirs de Fosco Zaga. Aujourd’hui vieillard, il revient sur son enfance, ses amours et ses aventures russes puis italiennes. Sensible depuis toujours aux mystères de la nature et petit dernier d’une célébrissime famille de magiciens, il grandit et évolue au milieu des saltimbanqueries, des tours de passe-passe, de voyages et de lunettes astronomiques. Et toujours sous l’oeil de Teresina, la jeune femme de son père. La famille doit d’abord soigner la Grande Catherine avant de partir pour l’Est auprès d’un terrible tyran puis pour Venise. Teresina est toujours là. Et l’obsession se fait amour. Un amour qui leur survivra puisque leurs heures sont comptées mais la magie de Fosco est peut-être celle du conteur, et des écrits qui échappent malicieusement aux mains du temps.

Ce roman est pour moi un vrai coffre aux trésors. En plus de l’écriture incroyable de Romain Gary, dont les seuls mots font voyager, les étoffes colorées, les odeurs de nourriture, les différents lieux traversés surgissent devant les yeux comme par magie, encore une fois. Le tout sur un ton malicieux, bienveillant et plein d’amour. Après La vie devant soi et Clair de femme, c’était donc le troisième roman de Romain Gary que je découvrais et je reste stupéfaite devant le talent de cet auteur, capable d’autant d’imagination à la fois réaliste et dépaysante au possible, avec toujours entre les lignes une nouvelle proposition de définition de l’amour.

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Clair de femme, Romain Gary

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Cela faisait bien longtemps qu’un roman ne m’avait pas touchée de la sorte.

Clair de femme, c’est un court roman très sensible, très poétique aussi. Une vraie réflexion sur l’amour, sur le couple mais aussi sur la mort et ce qui y survit. Quand Michel rencontre Lydia c’est un accident, une rencontre fortuite autour d’un panier renversé. Mais si c’était plus que ça ? Le temps d’une nuit, ces deux éclopés de la vie vont tenter de se rencontrer, de se toucher, de s’approcher avec cette idée commune : tous deux sont orphelins de l’amour.

Car c’est bien par amour que l’épouse de Michel, Yannik, atteinte d’un cancer, lui a demandé de la laisser seule cette nuit là afin qu’elle puisse se suicider « en paix ». L’amour il en est aussi question dans cette confusion de sentiments que porte Lydia à son époux. Cet époux au cerveau détracté, dont les mots se mélangent en une fascinante bouillie verbale, après son accident de voiture qui a causé la mort de leur petite fille. L’amour ils l’ont connu, il n’est pas question d’oublier ni de remplacer simplement de survivre à deux. Et surtout de suivre la volonté de Yannik : « Je suis peut-être terriblement égoïste, mais pourquoi veux-tu que je ne continue pas à vivre et à être heureuse, quand je ne serai plus là ? Je te demande de ne pas faire de mon souvenir un petit magot jalousement gardé. Dépense-moi. Donne-moi à une autre. Ainsi ce sera sauvé. Je resterai femme. »

Ajoutez à ça le temps un peu trouble d’une nuit, une timide sensualité, un dresseur de chien haut en couleur qui craint plus que tout de mourir avant son caniche royal, des hésitations, une part de destin, une bonne dose d’humour et d’autodérision et surtout une poésie omniprésente. Je ne peux que vous recommander cette incroyable lecture. Clair de femme fait désormais partie de mes romans favoris.

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